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Actualités – Aktuelles

Conférence avancée à 18 h !


30 ANS APRÈS LA RÉUNIFICATION ALLEMANDE :

L'ARTISTE FELIX RODEWALDT À RENNES

Photo : CEFA Rennes

En collaboration avec Le M.U.R. Rennes - et avec le soutien et le financement du Goethe Institut – Felix Rodewaldt a réalisé sur invitation deux projets artistiques à l'occasion des 30 ans de la réunification allemande entre le 8 et le 14 octobre 2020 à Rennes:
• Du 8 au 11 octobre réalisation d’une fresque sur le mur de l’association « le Mur », rue Vasselot.
• Du 12 au 13 octobre, élaboration d’une installation murale in situ dans les localités du Centre franco-allemand, 35 rue Saint-Melaine.


Voyage d'un artiste en période de pandémie

Entretien avec Felix Rodewaldt (le 12 octobre 2020 à Rennes)

Felix Rodewaldt, né à Munich en 1988, travaille comme artiste free lance depuis 8 ans. Après avoir terminé ses études secondaires, il démarre son apprentissage artistique sous la direction de Peter Kogler à l'Académie des Beaux-arts de Munich. Depuis le début de ses études, Felix a réalisé de nombreux projets dans le monde entier.

CEFA: Félix, nous sommes très heureux de t’accueillir ici au Centre franco-allemand de Rennes! Nous espérons que tu as fait bon voyage?

Felix Rodewaldt: Oui, je viens de Berlin où je travaillais sur un autre projet. À cause du Covid, beaucoup de commandes et d’évènements culturels ont été annulés ces derniers temps. Néanmoins, j'ai la chance de pouvoir faire une tournée de 6 semaines qui me conduira de Berlin via Rennes à l'Autriche.

Hier, nous avons pu assister au vernissage de ton œuvre dans le cadre du «MUR» rue Vasselot. Es-tu satisfait du résultat?

Oui, bien sûr, je trouve que l'endroit choisi pour réaliser l'œuvre d'art est génial.  En ces périodes de pandémie, il y a peu de contraintes liées à ce projet qui se déroule à l'extérieur, dans un endroit qui tient à la fois de la galerie d’art et de la rue. C'est une «œuvre éphémère» : les gens passent devant l'œuvre qui se trouve dans un endroit exposé; cela reste du street art parce que l'œuvre ne peut être vue que pendant un temps limité.

Felix Rodewaldt : Le MUR de Rennes (le 11 octobre 2020); photo : Sabine Volk

Ressens-tu les effets de la pandémie actuelle en tant qu'artiste?

Oui. J'ai reçu beaucoup de commandes qui ont ensuite été annulées en raison de restrictions budgétaires pour les activités culturelles. J'ai vécu le début de la pandémie au Japon, lorsque j'ai été invité à une exposition de Tape-Art à Tokyo et que 10 jours se sont transformés en 2 mois. Mais c'était plus ou moins volontaire. Toutes mes prestations ont été de toutes façons annulées pendant le confinement et le confinement au Japon a été plus agréable à vivre car malgré les mêmes restrictions, il n’y avait pas de système de sanctions. Les Japonais ont l’habitude de porter des masques, non pas pour eux-mêmes, mais pour protéger les autres. Je pense que c'est génial. La discussion sur les masques, ici en Europe, dresse à elle seule un triste tableau de notre société. Je souhaite que nous, Européens, soyons plus avancés en terme de mentalité. Nous ne devrions pas perdre de temps sur de tels sujets.

Comment en es-tu arrivé au tape art?

J'ai d'abord créé des pochoirs, puis grâce à l'académie d'art, j’ai diversifié mes compétences artistiques et je suis passé du street art à ma discipline artistique actuelle. Au cours de mes études, mon professeur a attiré mon attention sur l'artiste conceptuel américain Sol LeWitt et celui-ci m’a tout de suite enthousiasmé. J’en suis venu au Tape art parce que je voulais quelque chose qui reste accessible et permette des possibilités de création diversifiées. Le tape-art relève quelque part de la technique de l’esquisse – le ruban adhésif peut être rapidement collé. Vous pouvez beaucoup jouer avec. Des corrections restent possibles, le matériau lui-même, le ruban adhésif est connu.

Alors, à tes yeux, le Tape-art est-il un art à proprement parler populaire?

Le ruban adhésif est utilisé dans notre vie de tous les jours, tout le monde connaît le ruban adhésif. Le ruban adhésif est généralement utilisé pour maintenir les choses ensemble. Qui peut en venir à l'idée qu’il s’agit d’un matériau à partir duquel on peut créer une œuvre d’art. Le Tape-art c’est un peu comme Photoshop; on peut travailler à différents niveaux, on peut varier, c'est un art très dynamique et rapide. Le ruban avec lequel je travaille est très polyvalent, c'est un matériau moderne et très technique - c'est un matériau du 21ème siècle. J'ai déjà reçu des commandes pour la conception de stands d'exposition, mais bien sûr aussi pour des objets d'art, y compris un décor de théâtre. La conception de l'ensemble a été une expérience formidable, dans l'ensemble, le Tape-art m'a ouvert de nombreuses opportunités.

Comment as-tu imaginé les motifs des œuvres d'art de la rue Vasselot et ceux du Centre franco-allemand?

Je décide de manière intuitive et technique quelle œuvre d'art réaliser et de quelle manière. Dans la rue Vasselot, je me suis préparé au climat automnal breton. Surtout, il fallait que cela soit rapide car les averses pouvaient interrompre la performance à tout moment. L'emplacement et les conditions d'éclairage influencent également mon choix du sujet. A l'intérieur, comme dans le couloir du CEFA, je dois bien sûr faire moins attention aux conditions météorologiques mais plus à la fonction de la pièce. Après-demain, vous continuerez à habiter l’œuvre.

Felix Rodewaldt : CEFA Rennes (le 13 octobre 2020); photo : Sabine Volk

Quel est le prochain projet?

Je me prépare à un projet en Autriche où je dois redesigner un hôtel sportif. Mais je vais d'abord rendre visite à ma famille à Bordeaux. Mes grands-parents français ont plus de 90 ans et je les reverrai enfin après un an et demi. Il m'est impossible de ne pas leur rendre visite alors que je suis déjà en France.

Nous te remercions pour l'interview et te souhaitons bonne continuation!

Sabine Volk a parlé avec Felix Rodewaldt ; traduction française : Myriam Labbé ; photos : Sabine Volk

https://www.rodewaldt.de/#/


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